par the_declaration
: roman
: pas aimé
auteur: Henri Loevenbruck
tags: thriller ésotérisme
Description: Henri Loevenbruck est surtout connu pour ses romans de fantasy remplis de loups et de bien d’autres choses. Avec le Testament du Siècle il s’essaye à un genre radicalement différentHenri Loevenbruck est surtout connu pour ses romans de fantasy remplis de loups et de bien d’autres choses. Avec le Testament du Siècle il s’essaye à un genre radicalement différent : le thriller occulte, très à la mode depuis la parution d’un certain livre faisant référence à Léonard de Vinci…
Le récit rassemble deux personnages qui vont se rencontrer à l’occasion du meurtre du père de l’un d’eux, et ne vont plus se quitter jusqu’au dénouement, menant l’enquête en binôme. Damien est scénariste, d’un naturel qui le porte vers les Lettres et a un côté artiste pas dénué de charme, comme l’auteur il aime la moto, le rock et a un passé de khâgneux. Sophie est journaliste, active, provocatrice et est présentée comme un double d’Uma Thurman dans Pulp Fiction (fantasme de l’auteur ?). A eux d’eux ils vont arpenter Paris, Londres, le Sud de la France et naviguer entre complots, franc-maçonnerie, Joconde etc. Bref le concentré de l’investigateur de l’occulte. Tout ça pour tenter de résoudre un mystère remontant aux origines du christianisme, mais là : chut, je ne vous en dis pas plus.
Immédiatement la comparaison avec le Da Vinci Code s’impose, parce que le récit présente bien des similarités, recycles les mêmes éléments et navigue autour des mêmes thèmes, même si le Testament des Siècles a une perspective beaucoup plus large sur la religion. Revenons au présent roman. Le style est agréable, très simple, il est d’une clarté absolue et ne s’encombre jamais de formulations ou de tournures lourdes ou faisandées, le roman peut se lire à une vitesse folle. Ensuite le Testament des Siècles est tout sauf un thriller « sec » : ici l’auteur fait beaucoup d’effort pour camper son personnage principal, exposer ses interrogations, ses désirs, bref il nous expose une vie d’homme, de manière assez fine il faut le dire. Le cheminement émotionnel de Damien se poursuit tout au long du livre, il trouve en Sophie une partenaire idéale pour se livrer à ses questionnements. Mais là où le bât blesse c’est que tous ces passages estropient violemment l’intrigue policière qui ne dépasse pas un jeu de piste du club des cinq. Certes il y a de la cryptographie, de l’histoire de l’art et de la géométrie, mais ça ne prend pas, pour un thriller, une histoire déficiente ça ne pardonne pas. L’auteur ne parvient pas à trouver le ton juste pour l’occulte, les révélations incroyables nous sont assénées comme sur le plateau du Juste Prix, il manque vraiment cette atmosphère feutrée et mystique. La faute aux dialogues nombreux peut-être, ou aux pages « culture » où l’auteur nous bombarde d’informations historiques au détour d’une conversation entre les deux personnages principaux. Enfin il est important de mentionner la place de la religion : l’auteur exprime assez clairement ses points de vue sur la religion chrétienne, l’Opus Dei ou les sectes. Je n’ai rien contre les auteurs à thèse mais à l’instar de la trilogie de la Moïra, H. Loevenbruck est assez direct dans l’expression de ses opinions. Et tomber sur des partis pris religieux, noir sur blanc, en plein milieu d’une fiction, ce n’est pas très heureux d’un point de vue narratif. En dépit de ces faiblesses, voir que des auteurs osent encore traiter le religieux, et ce de manière sincère et entière, est assez grisant en ces temps où on se voit accuser de blasphème rien qu’en rappelant certaines vérités historiques établies. Décidément, après chaque livre d’Henri Loevenbruck, j’ai de moins en moins envie de lire le prochain mais de plus en plus envie de connaître l’homme....
2006-01-23
